J'avais bien du mal à croire que King Kong pouvait être décevant et ce, malgré la version de 1976 assez malheureuse. Et je le dis tout de suite : King Kong version 2005 est un grand et gros pur moment de bonheur, gavés d'images magnifiques (comme ça je le redis plus), trois heures déferlantes dans notre face et qui arrive à nous surprendre là où on attendaient justement les banalités de ce film.
Tous les poncifs du genre revu et corrigé afin, non seulement de nous donner un regard nouveau sur le cinéma "holywoodien", mais aussi et surtout de paraître plus crédible, plus proche du sujet qui tient tant à coeur à Peter Jackson, révant depuis qu'il est gosse de faire un jour ce film...
Alors qu'un Roland Emmerich nous aurait torché ça avec des acteurs pourris et un scénario bas de gamme banalement remis dans un contexte plus actuel mais plus con (Godzilla en somme...), ici P.Jackson a eu l'intelligence de conserver la plupart du scénario qui fit le succés du film original tout en réactualisant aux normes techniques et artistiques de notre époque : scénario perfectionné (commencé dés 1996), intelligence des acteurs, effets spéciaux quasi-irreprochables et une mise en scène complexe et variée servant au spectateur le film sur un joli plateau d'or et surtout pas de l'en détourner, car King Kong reste avant tout un divertissement ! Mais une vrai quoi.
C'est clur : on ne s'ennuit pas un instant car même si les débuts du film se font sans le Kong, le scénario nous pousse d'une manière si intelligente et passionnante vers l'intrigue par le biais des acteurs "humains" qu'on n'est pas en manque un seul instant.
Néanmoins, une fois que Kong apparaît à l'écran, on ne s'en lasse tout simplement pas ! On oublit rapidement les prouesses techniques afin de s'attarder sur la personnalité de cet individu qui nous parait si familié. Grâce à la rélation qu'il entretient avec Naomi Watts (fabuleuse...), il nous permet de voir toutes les souffrances qu'il détient en lui et fait de King Kong le meilleur acteur du film...
Autrement, il devient une créature sanguinaire et terrifiante, tueuse d'hommes, à peine plus dangereuse (enfin si quand même) que les autres créatures de son île et c'est d'ailleurs à ce sujet que je vais ouvrir un autre paragraphe.
Car il ne faut pas oublier que Skull Island n'est pas seulement une île à gorille ! Elle fourmille de créature plus ou moins gigantesques et effrayantes qui nous font sursauter pendant un bon gros tier du film : scène de combat contre trois T-rex, poursuite entre des diplodocus et des vélociraptors (mis sur un pied d'estale depuis Jurassik Park) et une séance à la Fear Factor d'insecterie en tout genre (si vous avez rien qu'une légère peur pour les ptites bêbêtes à long pattes ou gluantes, cette scène est faites pour vous. Personnellement j'ai mis 5 minutes à m'en remettre). Et tout cela avec une créativité sans borne et d'une violence qui surprend pour un film en apparence grand public (mais ça je vous laisse la surprise si vous n'avez pas encore vu le film).
Une fois passé cette farandole de sensations fortes, viennent les émotions, les pleurnicheries qui pourraient facilement tourner au ridicule. Petit à petit, Naomi (la blonde) et Kong (le poilu) se rendent compte de l'affection tout aussi forte qu'unique qu'ils ont l'un pour l'autre. Le film prend alors une autre direction : la tragédie amoureuse. Car dés que Kong se retrouve à New York, il sait qu'il va mourir et ne désire qu'une chose : que la belle se retrouve avec la bête une dernière fois.
On se rappelle alors de cette scène à la patinoire témoignant d'une profonde tendresse de la part de Kong et de la détermination de Peter Jackson a fait faire de ce film une réelle tragédie s'assumant comme telle, nous embarquant pendant trois heures dans des situations qui nous prennent à contrepieds par rapport à nos habitudes malheureusement prises en voyant de la merde et arrivent à nous faire ressentir ce film d'une telle sincérité que l'on ne peut fondre en larme lors des dix dernières minutes après ces 2h50min de frayeur et de bonheur.
Voilà c'est tout.